L’épidémie Ebola en Afrique de l’Ouest

Le point sur l’épidémie
En décembre 2013, les premiers cas de fièvre hémorragique sont décrits en Guinée dans les provinces du sud du pays (Guedekou, Macenta et Kissidougou) et dans deux districts du Haut-Guinée (Diabola et Dingiraye), pour s’étendre ensuite à Conakry même ainsi qu’au Libéria et en Sierra Leone.

Si le nombre de cas est à peu près stable en Guinée, il est toujours en augmentation en Sierra Leone et au Liberia. (source OMS).

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Le Ministère des Affaires Étrangères et du Développement international recommande aux Français sauf raison impérative, de suspendre tout projet de voyage dans les pays où des cas de fièvre hémorragique à virus Ebola sont avérés (Guinée, Sierra Leone, Libéria, Nigéria).
Une autre épidémie à Ebola sévit en RDC depuis le 26 août dernier sans aucun lien avec celle qui sévit en Afrique de l’Ouest.


Qu’est-ce qu’Ebola ?
Le virus Ebola a été découvert en 1976 à l’occasion de deux épidémies au Soudan et au Zaïre. Depuis d’autres épidémies ont été décrites notamment au Zaïre (Kikwitt, 1995), RCI (1994), Gabon (1994 et 1996), Ouganda (2000). Ces différentes épidémies ont permis d’identifier 5 types de virus Ebola (Bundibugyo, Côte d’Ivoire, Reston, Soudan et Zaïre) responsables d’une létalité variant entre 30% et 80%.
Le virus qui circule actuellement en Guinée est du type Zaïre.
Le réservoir de virus Ebola est animal (chauves-souris, singes notamment).


Comment se contamine-t-on ?
La transmission initiale du virus se fait par contact avec des animaux morts ou vivants des zones forestières affectées (singes, chimpanzés, antilopes, chauves-souris).
La période d’incubation de la maladie (durée entre le moment de la contamination et l’apparition des premiers signes de la maladie, est en moyenne de 8 jours mais peut aller de 2 à 21 jours. Pendant cette phase, la personne ne présente aucun signe de la maladie, et elle n’est absolument pas contagieuse.
La contagiosité débute au moment des premiers signes de la maladie et s’intensifie au fur et à mesure de l’évolution.
La transmission secondaire ou interhumaine du virus a lieu :

  • Par contact direct avec le sang ou les liquides biologiques (larmes, salive, lait maternel, sueurs, selles, vomissements, sperme…) des personnes infectés lors des soins ou des rites funéraires.
  • Lors d’une exposition directe à des objets (comme des aiguilles souillées) contaminés par les sécrétions des patients.
  • Enfin, en phase de convalescence, le virus peut persister 7 semaines dans le sperme ce qui justifie d’éviter tout rapport pendant cette période.

    Il n’y a pas de transmission :

  • par voie aérienne comme pour le virus de la grippe par exemple
  • tant que la personne n’a pas de fièvre, première manifestation de la maladie
  • par l’intermédiaire d’objets non souillés type enveloppe de courrier par exemple

    Quels sont les symptômes ?

    Au début : fièvre brutale avec douleurs musculaires et articulaires, maux de tête et fatigue.

    En 3-4 jours atteinte de la peau et des muqueuses (conjonctivite, éruption cutanée…) et troubles digestifs (diarrhées, vomissements…).

    Phase « terminale » avec des signes neurologiques (coma, agitation…) et des hémorragies (saignements de nez, saignements digestifs, toux sanglante…).
    Décès dans ¾ des cas, mais guérison sans séquelles pour le ¼ restant.


    Quelles mesures de précaution prendre ?

    Il n’y a ni traitement ni vaccin pour Ebola.
    Lorsque l’on se rend dans les régions touchées par le virus il faut respecter certaines précautions :

  • Ne pas se déplacer dans les zones forestières à risque
  • Ne pas manger ni manipuler de la viande de brousse
  • Éviter tout contact avec des animaux sauvages (singes, chauves-souris…) vivants ou morts ;
  • Se laver les mains fréquemment.
  • Ne pas toucher de façon prolongée des malades ayant une forte fièvre ou une gastroentérite encore moins un patient décédé.
  • Les produits animaux (viande, lait…) doivent être cuits soigneusement avant d’être consommés.
  • Se protéger comme partout lors des rapports sexuels.

    On ne peut que conseiller également de prendre toutes les précautions pour éviter les épisodes de fièvre : vaccinations à jour (typhoïde, hépatites …), prise d’une prophylaxie antipaludéenne plus régulière pendant le temps de l’épidémie par exemple.

    Vous revenez de Guinée, du Libéria, de Sierra Leone ou du Nigéria

    Le risque d’avoir contracté le virus est extrêmement faible compte tenu des modes de contamination décrits plus haut.

    Néanmoins, si vous revenez depuis moins de 21 jours d’un de ces pays et que vous présentez une fièvre supérieure à 38°5, vous êtes suspect d’infection par le virus. Vous devez :

  • Contacter un médecin qui vous indiquera ce que vous devrez faire.
  • Rester chez vous. Protéger votre environnement en vous isolant.

    Mais n’oublions pas que la principale cause de fièvre en résidence dans ces régions ou au retour de voyage reste le paludisme.

Dernière modification : 17/10/2014

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